Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

A - contrario

Le contre-pied de l'info officielle, un oeil critique sur l'actualité.


Déby veut forcément impliquer la France dans le conflit

Publié par Manalo sur 17 Juin 2008, 15:05pm

Après avoir fustigé hier la passivité de l'Eufor dont il s'interroge sur "l'efficacité et l'utilité" au Tchad, le pouvoir tchadien fulmine ce mardi contre Khartoum qu'il accuse d'avoir attaqué la localité d'Adé, à la frontière entre le Tchad et le Soudan(Dépèche Afp ci-dessous). Las d'attendre les européens voler à son secours, le président Déby semble, visiblement, faire intervenir à tout prix son protecteur français dont le chef de la diplomatie, Bernard Kouchner, a écarté toute intervention, hier au cours d'une visite en Côte-d'Ivoire. Car, en accusant le Soudan de l'avoir attaqué, le président Déby espère faire appliquer la clause de l'accord militaire avec la France stipulant l'intervention de celle-ci en cas d'agression extérieure contre le Tchad. Remonté, Déby joue, on ne peut plus, toutes les cartes pour se tirer d'affaire. Mais pour quel résultat et pour combien de temps? That's the question!

Le Tchad affirme avoir été attaqué par le Soudan à la frontière

 


Carte de localisation de l'offensive de la rebellion, qui a annoncé avoir pris Biltine
© AFP/Infographie
N'DJAMENA (AFP) - mardi 17 juin 2008 - 15h03 - Le Tchad affirme avoir été attaqué mardi par l'armée soudanaise à la frontière entre les deux pays alors que les rebelles, qui ont lancé une offensive le 11 juin, poursuivent leur guerre de mouvement dans un secteur proche.

"Les colonnes de mercenaires envoyés en territoire tchadien ayant échoué à s'implanter dans des points stratégiques, l'armée soudanaise est entrée elle-même en action ce matin (mardi) en attaquant la garnison de l'armée à Adé avec des troupes au sol appuyés par des hélicoptères", a annoncé le gouvernement tchadien dans un communiqué mardi.

L'AFP n'a pu confirmer la réalité de cette attaque auprès de sources indépendantes.

Le Tchad estime qu'en "faisant intervenir ouvertement son armée et ses moyens aériens, Khartoum jette ainsi le masque de l'agression contre notre pays". "Cet échelon franchi par les autorités soudanaises a le mérite de clarifier les positions aux yeux de ceux qui auraient encore des doutes sur la responsabilité de Khartoum dans les attaques successives contre le Tchad et notamment dans les combats commencées le 11", insiste N'Djamena.

Parallèlement, la rébellion a annoncé avoir pris la ville d'Am Zoer (au nord-est d'Abéché, la principale ville de l'est) après avoir quitté Biltine (au nord d'Abéché) qu'elle occupait lundi soir.

Les rebelles ont successivement pris, sans y rester longtemps, Goz Beida, Am-Dam, Biltine et mardi matin Am Zoer.

Ils ont affirmé mardi avoir également fait prisonnier un officier supérieur et pris un canon de 14,5.

Selon toute vraisemblance, et comme lors des derniers jours, il est probable, malgré les affirmations des rebelles, que la localité d'Am Zoer n'était pas protégée.

"Nous sécurisons la zone en prenant des villes. Ils (les pouvoirs publics à N'Djamena) racontent ce qu'ils peuvent, ils font de l'intox, ils accusent l'Eufor (la force européenne à l'est pour la protection des réfugiés du Darfour)... Bref, ils sont aux abois", a déclaré à l'AFP Ali Gueddei, porte-parole de l'Alliance nationale, regroupant les diverses factions rebelles.

Un autre chef rebelle, Abderaman Koulamallah a quant à lui affirmé: "le gouvernement est à Abéché et à N'Djmamena. Il n'y a plus d'autres forces dans le pays et nous tournons comme nous voulons". "La résistance de Deby n'est pas aussi forte qu'il le dit" a même ajouté ce chef ayant participé à l'offensive rebelle de février qui avait atteint N'Djamena et était tout près de renverser le régime.

Dans une allocution télévisée, le président tchadien Idriss Deby Itno avait déclaré lundi soir que son pays était "en droit de s'interroger sur l'efficacité" et "l'utilité" de la "présence au Tchad" de l'Eufor. Il s'en était également pris au Soudan, accusé d'être derrière les attaques rebelles.

Les deux pays, qui entretiennent des relations tendues, s'affrontent par groupes rebelles interposés.

Après l'attaque, à la mi-mai, par des rebelles du Darfour du Mouvement pour la Justice l'Egalité (JEM) en banlieue de Khartoum, le Soudan avait rompu ses relations diplomatiques avec N'Djamena et l'avait menacé de "représailles".

"La réaction de l'armée tchadienne sera à la hauteur de l'outrecuidance du régime soudanais", a conclu le gouvernement tchadien dans son communiqué mardi.

De source militaire française, le Tchad ne pèserait pas lourd face à l'armée soudanaise, une des grandes puissances de la région.

Le Soudan possède une armée mieux équipée et puissante avec des moyens aériens que l'armée nationale tchadienne n'a pas.

Le Tchad ne compte que six hélicoptères de combat, dont un a dû effectuer un atterrissage d'urgence jeudi dernier près de l'aéroport d'Abéché.

 

 

 

Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents