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A - contrario

Le contre-pied de l'info officielle, un oeil critique sur l'actualité.


Les sous-entendus de N'Djaména: la tragi-comédie qui voilerait la possible exécution de deux opposants...

Publié par Manalo sur 21 Février 2008, 16:02pm

Catégories : #Actualité

Que sont devenus les opposants démocratiques enlevés par des éléments de la garde prétorienne d'IDI (Idriss Déby Itno) 

La sempiternelle question reste jusqu'aujourd'hui sans réponse. Du moins sans une réponse claire car les tenants du pouvoir à N'Djaména, et leurs marionnettes ou thuriféraires qui ont voix au chapitre, semblent, dans une langue de bois dont eux seuls ont le secret, nous demander de déviner le sort de ces opoosants civils. Notamment deux d'entre eux dont on reste sans nouvelles à ce jour, à savoir Ibn Oumar Mahamat Saleh, chef du Parti pour les Libertés et la Démocratie (PLD) par ailleurs porte-porte de la Coordination des Partis politiques pour la Défense de la Constitution(CPDC), et Yorongar Ngarléji Le Moïban, leader du Front d'Action pour la République/Parti fédération (FAR/PF), enlévés quelques heures après le retrait des rebelles de la capitale, N'Djaména. 

Il ne fait plus de doute qu'ils ont été enlévés par des sbires du pouvoir de Déby Itno. Les multiples sorties contradictoires et fortement teintées de fanfaronnades des différents portes-voix du pouvoir sauvé in-extremis par Paris, du Premier ministre Kascou aux généraux d'opérette Mahamat Ali Abdallah et Ahmat Mahamat  Bachir, ministre de l'intérieur et de la Sécurité dont la fanfaronnade et le mépris sans fard ont plus que percé le firmament, n'ont fait, au contraire, que renforcer cette conviction. L'annonce à postériori de la présence de l'ancien président Lol Mahamat Choa au milieu de prisonniers dans une caserne militaire de la capitale, est venue définitivement sceller la véracité des témoignages insistant sur leur enlèvement par la garde présidentielle.  

Visiblement, le cas de Lol Mahamat Choa -vivant donc, semble être le filon de rattrapage pour le pouvoir de N'Djaména dont le cynisme, renforcé par celui au départ de Paris, fait commettre des bourdes aux conséquences insoupçonnées. La pression de plus en plus forte de l'UE à Bruxelles, après les différentes manifestations tenues par les Tchadiens de l'étranger, et aussi des ONGs de droits de l'Homme dont Amnesty International et la FIDH, sans oublier celle tardive et obligée de Paris, ont permis d'éviter à ce dernier un sort incertain et n'y sont pas pour rien. Encouragé par le mutisme mortifère de la communauté internationale et notamment de Paris, Déby et ses lieutenants auraient, si l'on n'y prend garde, commis ce que l'on craint le plus sans le souhaiter. Sinon comment expliquer les multiples dénégations non convaincantes des officiels tchadiens? Tantôt ils ne savent pas, eux non plus, ni les circonstances de la disparition des opposants, ni leur position, tantôt ils avancent que ces derniers seraient aux mains des rebelles. Songeur quand même, non? 

Apparemment, et pour qui connaît les pratiques et la comédie cynique des tenants du pouvoir de N'Djaména, l'on semble de ce côté vouloir gagner du temps nécessaire pour nous faire accepter des tragiques scénarii qui n'étonneraient guère. Ceci, pour éviter que la marmite bouillante des rancoeurs et de l'indignation générale des Tchadiens encore vivaces ne mette définitivement le feu aux poudres. Paris semble ne pas être, soit dit en passant, étrangère à ces scénarii dont on joue la partition par étapes ces derniers jours. Alors, regardons ces scénarii:

Primo, le plus optimiste dans cette vague de craintes, les deux opposants auraient subi des tortures indicibles dont sont passés maîtres les bourreaux de la tristement célèbre ANS, DDS-Bis. Lesquelles tortures leur nécessiteraient des soins intensifs pour les remettre un peu en forme avant une réapparition au milieu de prisonniers dans une quelqconque caserne militaire. En attendant,  les autorités peuvent, pour divertir l'opinion, affirmer continuer les recherches, charge à Paris de relayer, via son ambassadeur à N'Djaména et le Quai d'Orsay en métropole, la manoeuvre. 
Une interrogation demeure cependant: si tel est le cas, pourquoi ne pas annoncer les avoir retrouvés et faire taire les folles rumeurs sur leur exécution, comme ce fut le cas de Lol Mahamat Choa, le temps de leur redonner la petite forme? Ce qui nous amène aux pires scénarii que l'on craint;

secundo, les opposants auraient été effectivement passé ad patres et on chercherait à l'imputer aux rebelles, ce qui explique certains propos officiels affirmant qu'ils auraient rallié la rébellion ou qu'ils auraient été enlevés par les rebelles dans leur repli. Ceci donnerait lieu à deux sous-scénarri:

- selon une comédie bien orchestrée, l'on ira nuitamment déposer les corps des victimes torturées vers la sortie nord-est de N'Djaména, au besoin à Massaguet ou une autre localité sur le chemin de repli des rebelles, l'on y ameutera la presse d'Etat et internationale dont une certaine voix officielle de la France, pour faire avaliser la thèse que les rebelles dans leur fuite les auraient exécutés avant de les abandonner là;

- l'autre face de cette comédie, c'est de réaliser cette mise en scène dans un décor plus éloigné de N'Djaména, à Mongo par exemple qui a été le QG des rebelles dans leur repli, et faire croire qu'ils l'ont été par eux une fois de plus. Cela aura pour effet de balayer les doutes de ceux qui n'y croiraient pas du tout.

Les dernières déclarations,du ministre tchadien des Affaires étrangères, Ahmat Allam-mi, en visite ce jour à Bruxelles, après celles d'Ahmat Mahamat Bachir il y a quelques jours déjà, semblent partciciper de la répétition de tels scénarii avant la mise en scène publique. "Il y a des gens qui se demandent s'ils ne sont pas partis avec les gens de la rébellion", a déclaré à la presse à Bruxelles Allam-mi réitérant la position du pouvoir de N'Djaména qui ne sait toujours pas "où sont les deux autres disparus dont on parle beaucoup" (sic). 

Ingénisoité cynique que laissent percevoir les sous-entendus de N'Djaména, n'est-ce pas? Force est de constater, que dans l'art de la barbarie, les tyranneaux des rives du Chari sont pétris d'une intelligence inouïe, diabolique! Les Tchadiens, habitués depuis dix-huit ans à ces genres de scénarii qui ont envoyé ad patres plusieurs autres personnalités ou citoyens qui ne parlaient pas le même langage du pouvoir, ne seront pas surpris si d'aventure cette tragi-comédie leur est servie. 

Nous souhaitons fortement le contraire mais si cela arrivait, quelle serait alors l'attitude des populations civiles qui perdraient ainsi des leaders dont l'action, quoique controversée à cause des alliances passées (à l'exception de certains, bien entendu, dont le député Yorongar) avec Déby qui paie ainsi toujours par l'ingratitude, a permis d'éviter les extrêmes de la tyrannie? Laquelle tyrannie, en l'absence aujourd'hui de l'opposition ainsi muselée et d'autres leaders et associations de la société civile en fuite ou cachés, explose si sauvagement.
C'est la grande interrogation et pour ne pas être définitivement pris comme dans une immense prison de 1.284.000 km2 qu'est le Tchad, il n'est pas exclu que les Tchadiens, dans leur ensemble - et sans doute à raison, se souleveraient pour arracher la vraie libération qu'ils  n'ont  presque jamais eue. Les lendemains ne seraient que plus tragiques et toutes les pressions ne sont jamais insufffisantes pour ramener les uns et les autres à plus de bon sens et d'humanité. En commençant par le pouvoir qui semble en rupture avec son peuple dont un pan est jeté sur le chemin de l'exil par la vague de répression en cours sous l'oeil complice de la France.  

Manalo

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